Dépression

Le terme de dépression est souvent employé à tort pour décrire des périodes de tristesse que tout le monde peut vivre à un moment donné de sa vie. Il ne s’agit alors pas d’une maladie. On peut avoir des raisons d’être triste, sans pour autant parler de dépression.

Certes, la dépression se caractérise par une grande tristesse, mais aussi par un sentiment de désespoir, une perte d’énergie, une perte de plaisir. Elle affecte l’humeur, les pensées,  le comportement, et aussi le corps.

Dans le monde médical, on parle de dépression majeure.

Pour pouvoir poser le diagnostic de dépression,  on doit retrouver certaines caractéristiques exposées dans leDSM, Manuel Diagnostic Américain auquel  les psychiatres se réfèrent. Au moins cinq des symptômes suivants doivent avoir été présents pendant au moins deux semaines.

  • Humeur dépressive toute la journée
  • Diminution de l’intérêt ou du plaisir pour toutes les activités.
  • Perte ou gain de poids sans régime
  • Insomnie ou hypersomnie
  • Agitation ou ralentissement psychomoteur.
  • Fatigue, perte d’énergie
  • Sentiment de dévalorisation, culpabilité
  • Difficultés à se concentrer ou prendre une décision
  • Idées suicidaires

Au moins un des symptômes est soit une humeur dépressive, soit une perte d’intérêt.

Personne n’est à l’abri de la dépression, cependant on constate que certains groupes de population sont plus à risque.

2 fois plus de femmes que d’hommes souffriront un jour de dépression. Les hommes vivant seuls, les jeunes et les personne âgées. Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes, après les accidents de la route. De 15% à 20% des personnes âgées passent par des périodes dépressives, souvent à cause de la solitude, de la perte d’un conjoint.

Le stress chronique, une surcharge de travail, le manque de sommeil, le sentiment de perdre le contrôle de sa vie,  le fait de se sentir complètement débordé, consommer de l’alcool ou des stupéfiants peuvent entraîner une dépression.

“La dépression est, par excellence, la maladie de l’exclusion et de l’isolement. Un isolement que l’on génère en partie, sans le vouloir évidemment, la confusion mentale –symptôme de la maladie– nous menant à prendre systématiquement les mauvaises  décisions et à nous éloigner de ceux qui ne comprennent pas.

J’avais déjà fait le vide autour de moi… Je n’appelais plus ma mère, j’avais réussi à chasser mon compagnon…

J’avais déjà tout essayé… toutes les familles d’antidépresseurs, d’anxiolytiques, de neuroleptiques, de somnifères. Ils m’avaient fait dormir…

mais ne m’avaient pas libérée de ces crises d’angoisse qui me coupaient le souffle, me jetaient sur le sol convulsionnée, hurlante et sanglotante, ni de cette tristesse invraisemblable qui peignait le monde en si moche que je n’arrivais plus à le vivre.”

 

Extrait du livre de Catherine Derivery , “L’enfer”

 

La dépression est une vraie maladie qu’il est important de reconnaître et de soigner. Ce n’est pas une question de volonté, et s’entendre dire par des proches “secoue-toi un peu, ça ira mieux” est sans doute ce qu’il y a de plus insupportable! Le sujet se sent tellement incompris qu’il finit par douter lui-même de sa maladie. Il y a le doute, puis il y a la honte, la culpabilité “tout va bien dans ma vie, pourquoi est-ce que je me sens si mal? Il y a tant de gens qui souffrent”

“Je ne sais pas ce que j’ai, mais ça va pas. …. je me sens trop fatigué pour dire ce qui m’arrive. Lassitude, épuisement, tout est lourd, difficile, insupportable. Seul projet, seul objectif: chercher le sommeil et s’y réfugier. Pouvoir dormir, pouvoir plonger dans l’oubli de moi, mon corps, mes jours de la vie”

 

Extrait du livre de Philippe Labro, “Tomber sept fois, se relever huit”

 

La dépression majeure nécessite un traitement par antidépresseurs associé à une psychothérapie. La sophrologie peut accompagner le traitement, mais en aucun cas s’y substituer. Dans l’idéal, le sophrologue travaillera en collaboration avec le psychiatre qui assure le traitement médicamenteux.

La prise en charge en sophrologie permettra au sujet de se détendre, de lâcher prise par la relaxation. Les techniques de respiration, de relâchement musculaire seront les premières à être expérimentées. Tant que le sujet est dans une dépression profonde, il est sourd à toutes suggestions.

Une fois le lâcher-prise atteint, le sujet pourra avoir à nouveau accès à un raisonnement objectif. Cela permettra au sophrologue de suggérer des situations positives, et selon le principe d’action positive, toute action positive dirigée vers le corps ou vers le mental aura une répercussion positive sur la totalité de l’être. Il sera possible au sujet de retrouver en lui-même les ressources qui lui font défaut aujourd’hui. Par la visualisation de situations agréables, il va retrouver un mieux-être, des souvenirs de jours heureux qui vont l’aider à se réapproprier le bonheur.

Il faudra un certain temps avant que les résultats apparaissent, mais c’est la répétition de ce travail de relaxation et d’action positive qui le permettra.

Mathilde GEORGHIOU 

Sophrologue, formatrice EFDP-EFDS

http://www.jardindesressources.com/

 
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